Ascot Corner – Clem Giroux conçoit, répare et vend des tables de billard depuis maintenant 37 ans. Un métier rare au Québec. Mais voilà que la retraite arrive à grands pas. Le propriétaire de Clem Billard espère ainsi trouver un entrepreneur qui osera miser sur son commerce d’Ascot Corner et sur la table Super 8 qui attend d’être brevetée. Sinon, il devra tristement dire adieu à tous ses projets.
À son magasin situé sur la route 112, Clem Giroux répond à toutes les demandes des amateurs de billard, mais détient aussi une boutique équestre, lui qui est un passionné d’équitation.
Ce qui le rend toutefois plus particulier, c’est l’art qu’il possède de monter et restaurer de magnifiques tables de billard en bois massif.
«Je suis assez reconnu par les tenanciers de bar et les joueurs de pool de la région. Certains m’appellent même le King du billard parce que je réussis à réparer toutes les tables et j’en conçois également de très belles», affirme Clem Giroux.
Celui qui tente de se trouver un successeur pensait bien prendre sa retraite à 60 ans. Cinq ans plus tard, il se trouve encore derrière le même comptoir et dans le même atelier.
«On dirait que je n’étais pas prêt à partir. Là, je sens que le temps de vendre est arrivé. Ça fait près d’un an que j’essaie de trouver quelqu’un qui pourra continuer le travail, mais ça ne fait pas la file. Pourtant, je suis prêt à lui enseigner le métier», laisse-t-il savoir.
La Super 8
En cédant son commerce, Clem Giroux laisserait aussi aller sa meilleure idée, la table Super 8.
«J’attends un brevet depuis l’an 2000 pour la Super 8. Je devrais le recevoir d’ici un an ou deux. Ce que je propose, c’est de simplement prendre la table d’un client pour la transformer en modèle Super 8», informe le concepteur.
Le principe de la Super 8 est fort simple. En fait, toutes les règles du billard s’appliquent. Mais en plus des six poches situées aux extrémités et au centre de la table, un septième trou est ajouté en plein milieu et est entouré d’une bande à deux ouvertures.
«À la fin de la partie, le joueur doit entrer la noire dans la poche du milieu, précise M. Giroux. Une fois que c’est fait, des dizaines de lumières s’allument autour de la table. Puis avec ces bandes, on peut tenter différents coups. Les possibilités se multiplient.»
Un boulot assuré
Clem Giroux croit offrir aujourd’hui une chance unique aux entrepreneurs qui espèrent s’assurer d’un travail.
«La personne qui achètera le commerce aura même de la difficulté à fournir à la demande si elle est motivée», garantit M. Giroux.
Le «King du billard» ne se fait cependant pas d’idée. Il envisage déjà la possibilité de voir disparaître son entreprise en assistant à un changement de vocation de la bâtisse, une fois vendue.
«Il peut facilement y avoir un bar ou un restaurant ici. Mais ce serait triste de dire adieu à mon commerce après toutes ces années de travail. Ce serait aussi malheureux d’abandonner tous ces projets qui sont si près d’être achevés», confie-t-il.
Jérôme Gaudreau


